
Face à une crise suicidaire, savoir quoi dire et quoi faire peut faire la différence. C’est dans cet objectif que le comité départemental Rhône – Métropole de Lyon de FSCF a proposé à son réseau associatif une sensibilisation de 2 heures aux Paroles Qui Sauvent. Inspirée de la formation Premiers Secours en Santé Mentale, cette sensibilisation vise à donner des clés concrètes pour détecter une crise suicidaire, entrer en contact avec une personne en souffrance et l’orienter vers les ressources adaptées. Organisée le mardi 22 septembre, la session était animée par Romane SIMONNET, psychiatre, et a réuni 8 personnes.
Déconstruire les idées reçues pour mieux comprendre
Dès le début de la session, un tour de table permet aux participant·es de se présenter, d’exprimer leurs attentes et de partager une expérience vécue autour du suicide ou d’idées suicidaires chez un proche. Un temps de parole qui permet d’entrer progressivement dans le sujet avant de s’attacher à déconstruire certaines idées reçues sur le suicide.
La sensibilisation aborde ensuite les principales définitions : idées suicidaires, tentatives de suicide et suicide. Elle s’appuie également sur des données épidémiologiques pour mesurer l’ampleur du phénomène.
Mais comprendre le suicide, c’est aussi comprendre comment une crise suicidaire peut progressivement s’installer. La session permet ainsi d’identifier le passage d’un état d’équilibre à une situation de vulnérabilité, puis à une crise.
Cette vulnérabilité peut notamment se manifester par des symptômes dépressifs ou anxieux, des consommations de substances, des prises de risques inhabituelles, un retrait progressif des relations et des marques d’affection ou encore un isolement. Certains signes peuvent ensuite alerter davantage : sentiment de désespoir, souffrance psychique intense, perte de repères ou de valeurs, intérêt marqué pour la mort, recherche de moyens létaux ou encore comportements pouvant évoquer une préparation au départ.
Que faire face à une crise suicidaire ?
On compte 3 actions essentielles : écouter, évaluer, alerter.
Écouter en prenant le temps d’accueillir la parole de la personne, sans jugement (posture neutre bienveillante), et de valider sa souffrance. Il ne faut pas hésiter à poser directement la question des idées suicidaires lorsque la situation le justifie.
Évaluer le degré d’urgence et de dangerosité de la situation : la personne a-t-elle envisagé d’agir ? Quand ? Comment ? Quels sont les facteurs de risque individuels, familiaux ou psychosociaux présents ?
Alerter pour protéger. Il est essentiel de ne pas la laisser seule en cas de danger immédiat et de solliciter les ressources adaptées : professionnel·les de santé, services d’urgence ou numéros dédiés. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible gratuitement en France. En cas d’urgence, le 15 ou le 112 peuvent être contactés.
Témoignages
Marie-Christine PORTRON, adhérente du Cercle Bellecombe Lyon.
« Après un accueil au sein des locaux du comité départemental, les participant·es ont répondu à un questionnaire, dont je ne pense pas avoir répondu avec exactitude. De plus je ne connaissais pas le numéro national de prévention du suicide. La présentation était claire ; les réponses au questionnaire bien expliquées et détaillées. […] Ce que j’aimerais, c’est plus de communication sur les mesures à prendre en cas de crise suicidaire, avec les numéros d'urgence pour affichage dans l’espace public, pour un accès au plus grand nombre. »
Delphine POTARD, responsable de la section danse à Espérance et Vaillantes de Birgnais.
« J’ai apprécié participer à la sensibilisation « Paroles qui sauvent ». J’ai trouvé ce moment à la fois intéressant et instructif, mais surtout humain.
Les échanges m’ont permis de réfléchir autrement à la question du suicide et de remettre en question certaines idées reçues que l’on peut avoir sans forcément s’en rendre compte. J’ai apprécié de pouvoir écouter les autres, entendre leurs réflexions et partager les miennes.
Ce que je retiens surtout, c’est l’importance de l’écoute et de la parole. C’était un vrai temps d’échange, qui m’a permis d’apprendre et aussi de prendre du recul sur ma propre façon d’écouter et de réagir face à quelqu’un qui pourrait être en difficulté. »
Dans une société où la santé mentale devient centrale, se sensibiliser à la crise suicidaire permet de mieux repérer et surtout de ne pas rester démuni face à une personne en souffrance. Parce que parfois, quelques mots et une écoute attentive peuvent contribuer à sauver une vie.
Rédactrice : Marine BLANC





